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Compte rendu formation "dette publique"

 

« l’idée du changement ne soit pas assassinée au nom du pragmatisme » !

Un Yves Dimicoli au sommet de sa forme ! Tout sourire, avenant, manifestement content d’être au milieu des siens ! Le responsable de la commission « économie, social, finance » du PCF a aussi répondu largement présent sur le terrain sur lequel on l’attendait le plus, celui de la pédagogie. Une courte intervention sur le sujet de dette, puis deux heures d’échanges impromptues avec la trentaine de « camarades » à avoir fait le déplacement jusqu’au local du Parti.

Un objectif : convaincre !

Dans la foulée de sa réorganisation interne actée l’automne dernier, le PCF du Calaisis s’imagine volontiers multiplier ces soirées thématiques. La veille, lors de la cérémonie des vœux de la section, le sénateur Eric Bocquet, spécialiste de l’évasion fiscale, s’était déjà positionné en formateur patenté. « Nous en prévoyons une dizaine l’an », s’enthousiasme Jean-Jacques Triquet, premier secrétaire de section. L’objectif ? « Offrir à nos militants des arguments pour convaincre la population de la nocivité des réponses néo ou social-libérales à la crise que traverse le capitalisme», insiste Eric Lhirondelle, le responsable du collectif « entreprises » à l’initiative de cette première.

L’austérité n’est pas la solution

Yves Dimicoli en convient : « Les programmes d’austérité en réponse à la dette ne sont pas des solutions, ni en Grèce, ni en Italie, ni en France. Aujourd’hui les pouvoirs de droite ou socialistes ont tendance à culpabiliser les gens, à leur faire croire qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens et à leur imposer des cures d’austérité. Une façon de leur faire accepter la suppression des services publics, les pressions sur les salaires. Or l’austérité, c’est moins d’argent pour la santé, l’éducation, les transports ; ça ralentit la croissance. C’est donc moins de rentrées de cotisations dans les caisses de l’Etat. C’est en se conduisant ainsi qu’on conforte l’endettement. » La démonstration est limpide. Pourquoi alors les pouvoirs publics s’engagent-ils dans cette voie ? « Car ils sont tenus de sauver le Capital financier qui domine la planète », suggère le membre du Comité exécutif national.

Des responsabilités évidentes !

Depuis 1973, l’Etat français ne peut plus emprunter à sa banque centrale qui alimentait jusqu’alors la planche à billet. Il le fait auprès des banques d’affaires privées. Aussi, « dès cette époque, la courbe de l’endettement s’est enflammée ». Dans cette même logique aujourd’hui, l’article 123 du Traité de Lisbonne « interdit à la Banque centrale européenne de prêter aux Etats. Il faut l’abolir », plaide Yves Dimicoli. Spéculation, compétitivité, rentabilités financière et économique, niches fiscales : les sujets abordés sont légions. Ça « vole » plutôt haut, mais toujours dans un langage approprié.

« Occupons les banques ! »

Yves Dimicoli se fait alors tribun. Il stigmatise le comportement de banques (Crédit agricole, BNP...) plus familières à son public. « En octobre 2012 dans le Pas-de-Calais, il y avait 19 milliards dans les caisses de ces banques. Que font-elles de cet argent ? Elles mènent des opérations spéculatives et financières », se lamente l’économiste. « Comme les banques peuvent créer du crédit à hauteur de six fois la valeur de ce qu’ils possèdent, elles pourraient investir jusqu’à 120 milliards dans l’emploi, la formation dans notre département... C’est loin d’être le cas », s’indigne Jacky Hénin. Et le député européen de revendiquer un « droit de contrôle sur leur gestion » ! « C’est aussi pour cette raison que le PCF demande la création d’un pôle public financier », renchérit Yves Dimicoli. Et ce dernier d’en appeler « à une large mobilisation populaire. Occupons les banques ! ». « D’autres choix sont vraiment possibles. A chacun d’en être persuadé ! » conclut Jacky Hénin convaincu que ses militants seront désormais mieux armés pour renvoyer, ici à Calais, la sénatrice-maire Natacha Bourchard et l’UMP « à leurs chères études et mettre un terme à leur gestion calamiteuse ».

Jacques KMIECIAK, journaliste à Liberté 62

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